Prendre soin de votre cerveau par l’alimentation : un guide pour réduire votre risque de démence

Scientifique chevronnée à l’Institut de recherche Rotman de Baycrest et professeure au Département des sciences de la nutrition de l’Université de Toronto. La docteure Carol Greenwood dirige l’équipe s’intéressant à l’alimentation, à l’exercice et au mode de vie dans la prévention de la maladie d’Alzheimer au sein du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement.

Scientifique chevronnée à l’Institut de recherche Rotman de Baycrest et professeure au Département des sciences de la nutrition de l’Université de Toronto. La docteure Carol Greenwood dirige l’équipe s’intéressant à l’alimentation, à l’exercice et au mode de vie dans la prévention de la maladie d’Alzheimer au sein du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement.

« Jusqu’à 50 % des cas de maladie d’Alzheimer peuvent être causés par l’alimentation et le mode de vie. Cela signifie que nous avons une réelle occasion de réduire le fardeau des démences chez la population canadienne en améliorant l’alimentation, l’exercice et le mode de vie. » Dre Carol Greenwood

« Que ça nous plaise ou non, nos modes de vie sédentaires sont malsains pour notre cerveau », affirme la docteure Carol Greenwood.

 

Bien qu’il soit bien connu que manger la bonne combinaison d’aliments peut contribuer à un vieillissement en santé, peu de gens savent qu’un mode de vie sédentaire et une mauvaise alimentation contribuent à augmenter le risque de démence. Et la combinaison des deux est pire que l’un ou l’autre pris séparément, explique la docteure Greenwood.

 

Le côté positif est que les personnes qui changent leur mode d’alimentation peuvent protéger la santé de leur cerveau et prévenir la perte de mémoire.

 

Bien sûr, il y a une science pour cela. Travaillant avec une équipe pancanadienne au sein du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV), la docteure Greenwood et ses collègues cherchent à répondre aux questions suivantes :

  1. Y a-t-il des combinaisons de régime alimentaire et d’autres caractéristiques associées au mode de vie qui favorisent le plus la cognition chez les personnes âgées?
  2. L’irrigation sanguine du cerveau et les fonctions cognitives (qui sont des facteurs de risque de démence préexistants) peuvent-elles être améliorées chez les adultes plus âgés par l’alimentation et l’activité physique?
  3. La combinaison de l’alimentation et de l’exercice est-elle plus efficace que l’augmentation de l’activité physique seule?

 

Activités

 

L’équipe de la docteure Greenwood est sur le point de lancer un essai clinique s’intéressant aux effets de l’alimentation et de l’exercice sur la structure du cerveau et la performance cognitive. L’étude comprendra des adultes plus âgés qui présentent un déclin cognitif subjectif (c.-à-d., une autoperception de problèmes de mémoire ou de la cognition) et des facteurs de risque vasculaires.

 

Ces groupes ont été ciblés parce qu’ils sont à risque élevé de développer à la fois la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire et leur combinaison, mais leur état cognitif se situe encore dans la norme. La docteure Greenwood explique que les personnes faisant partie de ces groupes peuvent aussi présenter des facteurs de risque associés à leur mode de vie (y compris l’obésité, l’adiposité centrale, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, la résistance à l’insuline et le diabète de type 2) qui peuvent être traités par l’adoption de meilleurs choix de vie. En d’autres termes, des interventions précoces au niveau de l’alimentation et du mode de vie peuvent être plus efficaces chez ces groupes.

 

Sachant que l’alimentation a un impact direct sur la fonction cognitive et qu’il n’y a pas beaucoup d’outils fondés sur des données probantes disponibles actuellement pour aider les gens à changer leur mode d’alimentation, l’équipe a préparé des trousses et des ressources pour soutenir les changements au régime alimentaire des participants à l’étude, ainsi que pour le grand public. Ceux-ci comprenaient l’élaboration d’un guide d’alimentation pour la santé du cerveau et une brochure expliquant la pyramide alimentaire soutenue par leurs recherches. À la suite de son élaboration, l’équipe a organisé des groupes de discussion pour mettre à l’essai ces ressources, puis les a adaptées en fonction des commentaires. Le guide alimentaire final est disponible ci-dessous  (cliquez pour télécharger). Des brochures peuvent être demandées pour votre clinique en cliquant ici (disponible qu’en anglais seulement, pour le moment).

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Vous remarquerez que le haut de la pyramide montre les aliments à limiter, y compris les viandes rouges, les aliments préemballés et les sucreries. Plus bas, on retrouve les aliments à inclure, comme le poisson, les noix, les fruits et les légumes, y compris les petits fruits et les légumes verts feuillus crus.

 

Selon le collègue de la docteure Greenwood, le docteur Matthew Parrott, « ce plan d’alimentation est basé sur des recherches qui ont permis de déterminer les habitudes alimentaires qui peuvent aider à réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer de 36 % et la prédémence de 27 %. Des études démontrent que les adultes âgés de 50 ans et plus qui ont changé leurs habitudes pour un plan d’alimentation semblable pendant quatre ans n’ont pas subi de perte de mémoire. »

 

En plus des gains à long terme, les adultes qui ont suivi un régime alimentaire semblable pendant seulement quatre mois ont subi des tests de lecture et de rédaction rapides. Les résultats à leurs tests ont démontré qu’ils étaient aussi efficaces que lorsqu’ils étaient 9 ans plus jeunes, selon le docteur Parrott. Il est important de noter que ce plan d’alimentation est bénéfique plus que pour la santé du cerveau seulement. « La même combinaison d’ingrédients sains peut aider à réduire le risque de maladie cardiaque, de diabète et de certains types de cancer », ajoute le docteur Parrott.

 

La résilience par l’activité cognitive significative

L’équipe a aussi démontré que les adultes plus âgés qui restent impliqués socialement et ont travaillé dans des rôles stimulants mentalement pendant de longues périodes peuvent être épargnés par les effets néfastes d’une alimentation occidentale sur le déclin cognitif lié à l’âge. Cette conclusion était basée sur l’étude du docteur Parrott qui a récemment mesuré les effets d’une alimentation occidentale (par ex., les viandes rouges et transformées, le pain blanc, les pommes de terre, les aliments prêt-à-servir et les sucreries) de même que les difficultés reliées à l’emploi, au niveau d’éducation et à l’implication sociale auprès de 351 personnes âgées vivant de façon autonome.

 

Les chercheurs ont conclu qu’une alimentation occidentale était associée à un déclin cognitif plus important chez les personnes âgées. Cependant, les personnes qui avaient cette alimentation ainsi qu’un mode de vie stimulant mentalement, en particulier un niveau d’éducation plus élevé, un emploi complexe et une implication sociale continue, étaient protégées du déclin cognitif. Ces résultats sont en accord avec ceux d’une autre chercheuse du CCNV, la docteure Sylvie Belleville, qui a travaillé sur le renforcement de la résilience cognitive par l’activité.

 

« Cependant, elle peut aussi garder la démence à l’écart, en particulier si nous nous sautillons jusqu’à l’épicerie », dit la docteure Greenwood en souriant.

 

Pour en savoir plus sur la docteure Carol Greenwood et les travaux de son équipe au sein du CCNV, visionnez cette mini-vidéo de sa collègue, la docteure Guylaine Ferland, en cliquant ici.