Une prise de position internationale sur la démence dirigée par le directeur scientifique du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement

« Notre appel à l’action vise à mettre au point une méthode fondée sur des données probantes et axée sur la santé publique pour s’attaquer au problème imminent que représente la démence », explique Howard Chertkow, président du groupe de travail d’InterAcademy Partnership (IAP) for Health.

L’InterAcademy Partnership (IAP) regroupe plus de 130 académies nationales et régionales. Ensemble, ses membres cherchent des solutions aux problèmes les plus pressants dans le monde, notamment des solutions pour assurer une réponse aux besoins d’un nombre croissant de personnes vivant avec une démence.

Récemment, l’Académie canadienne des sciences de la santé (ACSS) a proposé au Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV) de rédiger l’ébauche d’une déclaration de consensus sur la démence qui sera utilisée pour soutenir les décideurs et les responsables de l’élaboration de politiques du monde entier. Le comité exécutif de la recherche du CCNV, abordant la question de façon synergique, a mis son expertise en sciences et en médecine à profit pour rédiger une prise de position sur laquelle ont  reposé les discussions d’un groupe de travail international, présidé par le directeur scientifique du CCNV, Howard Chertkow, dont les membres ont été sélectionnés par des académies de médecine de partout au monde. La prise de position des membres du CCNV a été adaptée pour un contexte international et adoptée par des académies de médecine et de sciences de différents pays.

La prise de position a été approuvée par plus de 50 membres d’IAP for Health.

Le coprésident d’IAP for Health, Detlev Ganten, de l’Académie des sciences nationale allemande, Leopoldina, a indiqué : « Comme tous les énoncés d’IAP, celui sur la démence a fait l’objet d’un examen approfondi. Ce document présente d’excellents conseils impartiaux fondés sur les dernières données probantes obtenues par nos académies membres aux responsables des politiques de différents ministères nationaux de la santé et du bien-être social, aux agences de la santé et autres institutions pertinentes, ainsi qu’aux décideurs du monde entier. Le fardeau de la démence s’alourdit, particulièrement dans les pays où la population vieillit, et il est temps d’agir. »

Dans cette prise de position, il est indiqué que, partout dans le monde, la proportion de la population âgée de 65 ans ou plus augmente. Comme le vieillissement est le plus grand facteur de risque de démence, on s’attend à ce que le nombre de personnes vivant avec cette maladie atteigne, mondialement, presque le triple du nombre actuel d’ici 2050, particulièrement dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Par ailleurs, la démence touche les hommes et les femmes de façon différente. Les femmes courent un risque plus élevé d’être atteintes de démence et de vivre plus longtemps avec la maladie comparativement aux hommes. Ce sont également les femmes qui fournissent le plus de soins informels (non rémunérés) aux personnes vivant avec une démence. Pour aborder ce problème au Canada, le CCNV a mis sur pied le Programme transversal « Femmes, genre, sexe et démence » qui s’assure que les 20 équipes de recherche du CCNV incluent les variables « sexe » et « genre » dans le cadre de leur recherche.

En bref, la prise de position de l’IAP invite les gouvernements et les fournisseurs de soins de santé à :

  • informer le public au sujet de la démence, des moyens de maintenir un cerveau en santé, et à combattre la stigmatisation associée à la démence;
  • soutenir la recherche afin de trouver et de mettre en œuvre des moyens efficaces pour retarder, prévenir, ralentir, traiter, atténuer et, idéalement, guérir les causes courantes de la démence;
  • investir dans les systèmes de soins de santé, ce qui impliquerait de former un nombre suffisant de divers types de fournisseurs de soins de santé et de construire les infrastructures requises pour fournir des soins compétents, axés sur le patient en temps opportun pour les personnes vivant avec la démence, mais aussi pour leurs aidants, et ce, à chaque stade de la maladie.

Au Canada, le CCNV collabore avec la Société Alzheimer du Canada et d’autres intervenants clés de la stratégie nationale sur la démence, pour aider à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies pour la recherche. Cette démarche comporte la tenue de conversations délicates et essentielles, qui bénéficieront de la création d’un comité consultatif formé de 15 personnes nommées par la ministre de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor. À la demande de la ministre, les membres du conseil se sont rencontrés à deux reprises pour déterminer les prochaines étapes de la création et de la mise en œuvre de la stratégie nationale sur la démence, et plus particulièrement pour s’assurer que les arguments présentés soient à la hauteur de la volonté actuelle des instances politiques. Howard Chertkow et Kenneth Rockwood, directeur associé du CCNV, sont membres de ce comité consultatif. Leur apport à l’élaboration du plan visant à faire avancer les politiques sur la démence représentera un test important du rôle que jouera le CCNV dans l’aide à apporter aux Canadiens pour relever cet important défi sociétal lié à la santé.

Pour lire l’article en libre accès paru dans le Journal of Prevention of Alzheimer’s Disease, cliquez ici.

Pour lire l’annonce de l’IAP sur la prise de position intitulée Un appel à l’action pour s’attaquer au fardeau croissant de la démence, cliquez ici (en anglais seulement) et, pour lire la déclaration, cliquez ici.