Vous trouverez ci-dessous une liste de publications sur des travaux ayant reçu un soutien financier du CCNV. Chaque titre est lié à la page PubMed correspondant à la publication et à son résumé ou, si l’article est en accès libre, à la publication elle-même. Un résumé en langage accessible est fourni pour les publications que nous pensons présenter un intérêt particulier pour le grand public.

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Montero-Odasso et ses collègues ont étudié la relation entre le risque de développer une démence et la vitesse de marche lorsque celle-ci est combinée avec une tâche cognitive complexe chez des personnes âgées souffrant de trouble cognitif léger. Le trouble cognitif léger est un trouble mental qui se retrouve chez des personnes âgées présentant de légers changements sur le plan de la mémoire et des fonctions mentales. Le trouble cognitif léger est souvent un précurseur de la démence, par contre toutes les personnes souffrant de ce trouble ne développent pas la démence. Montero-Odasso et ses collègues ont suivi 112 personnes âgées souffrant de trouble cognitif léger pendant six ans. À tous les deux ans, les chercheurs ont demandé aux participants à l’étude de marcher normalement, sans faire de tâche simultanément (tâche simple), sur une distance de six mètres, et aussi de marcher sur six mètres en faisant simultanément une tâche secondaire requérant de la réflexion et de l’attention (tâche double), soit compter à rebours en soustrayant un à chaque fois, en soustrayant sept à chaque fois, ou nommer des noms d’animaux. Pour toutes ces tâches, la vitesse de marche des participants était calculée. Au cours des six années qu’a duré la recherche, 24% des participants (27/112) ont développé une démence. Les chercheurs ont trouvé que la vitesse moyenne de marche (tâche simple) de ces 27 participants était équivalente à la vitesse moyenne de marche des 85 participants qui n’ont pas développé une démence. En revanche, la vitesse moyenne de marche des participants qui ont développé une démence était plus lente que celle des participants qui n’ont pas développé une démence lors de la marche nécessitant d’accomplir une tâche cognitive complexe simultanément (p.ex. compter à rebours, ou nommer des noms d’animaux). En fait, le risque de développer une démence était deux à trois fois plus grand chez les adultes souffrant du trouble cognitif léger dont la vitesse moyenne de marche diminuait d’au moins 20 % lors de la tâche double en comparaison avec leur vitesse moyenne de marche lors de la tâche simple. Les résultats de cette étude suggèrent qu’une diminution importante de la vitesse de marche combinée avec une tâche cognitive complexe comparativement avec la vitesse moyenne de marche normale (non-combinée avec une tâche cognitive complexe) peut être utilisée par les cliniciens afin de détecter les personnes âgées ayant un trouble cognitif léger qui sont plus susceptibles de développer une démence.

Cette étude financée par le CCNV suggère que, alors que la production d’acide lactique est bénéfique pour la mémoire d’un cerveau vieillissant en bonne santé, elle pourrait être nuisible dans la maladie d’Alzheimer (MA). Ces résultats contribueront à orienter la conception de médicaments pour modifier le métabolisme de l’acide lactique dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Plus précisément, cet article démontre que l’acide lactique (un métabolite) et les enzymes qui le produisent diminuent avec l’âge dans le cerveau de souris normales. Bien qu’une augmentation des enzymes produisant l’acide lactique soit corrélée avec l’amélioration de la mémoire chez les souris plus âgées, lorsqu’il s’agit d’un modèle de souris atteinte de la maladie d’Alzheimer, des taux élevés sont — étonnamment — associés à une diminution de la mémoire.  

Un concept relativement nouveau, celui de fragilité cognitive, décrit la présence simultanée de deux syndromes qui peuvent apparaître avec l'âge: les troubles cognitifs et la fragilité physique, caractérisée par de la faiblesse, une baisse d'énergie et un niveau d'activité réduit. Il a été suggéré que la présence de fragilité cognitive augmente la possibilité de développer une démence par rapport à la fragilité seule. Le Dr Montero-Odasso et ses collègues ont testé cette hypothèse et ont également examiné si une association de troubles cognitifs (définis par un score total inférieur à 26/30 au Montreal Cognitive Assessment (MoCA)) et de faible vitesse de marche (définie par une vitesse inférieure à un mètre par seconde), pourrait prédire le développement futur d'une démence.

Les chercheurs ont trouvé que les personnes souffrant de fragilité étaient plus susceptibles de présenter des troubles cognitifs que celles sans fragilité, mais que la fragilité cognitive ne conduisait pas à la demence plus souvent que la fragilité seule. Cependant, les personnes présentant des troubles cognitifs et marchant lentement étaient les plus susceptibles de développer une démence. Ceci suggère qu'un simple test physique, mesurant par exemple la vitesse de marche, et un test de cognition fiable tel que le MoCA, sont supérieurs à la fragilité cognitive pour détecter les individus à risque de démence

Cette méta-analyse est la première du genre à étudier les différences dans l’arrêt de la conduite chez les personnes atteintes ou non de démence.

Les docteurs Mary Tierney, Mark Rapoport et Gary Naglie, ainsi que madame Nicolette Baines, ont constaté que l’arrêt de la conduite est beaucoup plus répandu chez les femmes atteintes de démence que les hommes. Qui plus est, la même tendance se retrouvait chez les femmes et les hommes sans démence. 

Leur analyse souligne la nécessité d’intensifier la recherche sur les raisons expliquant les différences observées qui peuvent être dues à des différences biologiques entre les sexes, ainsi que des différences dans les rôles et les relations entre les hommes et les femmes. Des études longitudinales sont aussi nécessaires pour estimer l’incidence des différences entre les sexes dans l’arrêt de la conduite automobile des participants qui ont subi des évaluations diagnostiques en tenant compte de la présence ou non de démence. Ces études longitudinales devraient aussi comparer l’arrêt de la conduite dans des régions comportant différentes densités de population et différents moyens de transport, expliquent les chercheurs.

Surtout, leurs résultats démontrent que les différences de sexe et de genre peuvent avoir des conséquences importantes sur le soutien offert aux conducteurs atteints de démence avant et après l’arrêt de la conduite automobile.

Cet article décrit un plan d’étude qui vise à démontrer que la combinaison de deux médicaments qui agissent sur les deux principaux mécanismes physiopathologiques de la maladie d’Alzheimer (c.-à-d. les dépôts amyloïdes et l’hyperphosphorylation de la protéine tau) peut modifier l’évolution de la maladie. Nous croyons que ces médicaments fonctionneraient mieux pour ralentir l’évolution de la démence chez les personnes ayant un trouble cognitif léger qui est causé par la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, selon nous, si une telle combinaison de médicaments est efficace, cela pourrait être abordable d’utiliser les modèles de combinaisons de médicaments contre la tuberculose, le VIH/SIDA et le cancer du sein. Cet article, écrit par une étudiante de première année en médecine à l’Université McGill, est un exemple de l’importance d’exposer les médecins en formation à l’impact social de la recherche clinique. C’est la première publication du comité sur les questions éthiques, juridiques et sociales (QEJS) du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV).

Dans de nombreuses maladies neurodégénératives — y compris la maladie d’Alzheimer — les dépôts de protéines mal repliées se forment dans le cerveau. Bien qu’ils soient visibles au microscope, ces dépôts sont trop petits pour être isolés et extraits. Dans cet article, les chercheurs démontrent comment leur nouvelle technique — la microprotéomique optique ciblée spatialement (STOMP) — utilise une lumière laser très concentrée pour fixer des poignées chimiques à ces dépôts protéiques, de sorte qu’ils puissent être récupérés pour fins d’identification et d’analyse. À l’aide de la STOMP, les chercheurs ont identifié un certain nombre de protéines qui n’avaient pas été associées à la pathologie de la maladie d’Alzheimer auparavant (y compris certaines protéines impliquées dans la signalisation à travers les synapses, entre les neurones) et espèrent voir la technologie STOMP utilisée pour explorer la biologie sous-jacente à d’autres maladies neurodégénératives.