« Ouvrir la voie à la médecine de précision pour les personnes atteintes de démence »

 

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Le Dr Eric Smith est directeur médical de la clinique de neurosciences cognitives et membre du Programme sur les AVC de Calgary. Il est professeur agrégé au Département des neurosciences cliniques de l’Université de Calgary, premier titulaire de la chaire Kathy Taylor en démence vasculaire, et il codirige l’équipe no 7 du CCNV.

« L’importance de la santé vasculaire pour le public ne peut être surestimée : il pourrait s’agir de la seule condition dégénérative modifiable menant à la démence. » Dr Eric Smith

Au cours des dix dernières années, les chercheurs ont démontré que le trouble cognitif vasculaire (TCV) était courant dans le cerveau des personnes âgées, représentant jusqu’à 33 % du risque de développer une démence. Se classant en deuxième place tout de suite après la maladie d’Alzheimer, le TCV est une des principales causes de démence et doit être mieux compris, selon le docteur Eric Smith.

 

 

Les symptômes associés au trouble cognitif vasculaire

Dans certains cas, le TCV est évident et se traduit par un accident vasculaire cérébral (AVC) symptomatique qui provoque une paralysie ou la perte de la parole. Plus subtilement, il se présente comme des troubles de concentration ou de la mémoire qui peuvent seulement être diagnostiqués après une imagerie cérébrale, une fois qu’un médecin a constaté des signes de petits AVC dans le cerveau ou des changements dans la substance blanche associés à un manque de débit sanguin.

 

 

Équipe no 7 du CCNV : La maladie vasculaire et son impact sur les maladies neurodégénératives

Dévoilant ces subtilités, le docteur Eric Smith codirige l’équipe no 7 du CCNV qui cherche à identifier et décrire à quoi le trouble cognitif ressemble « sur le terrain » pour le clinicien. En s’éloignant des approches théoriques envers la démence — du type « nous comprenons que ceci peut se produire » — l’équipe du docteur Smith cherche à mieux comprendre à quoi les maladies vasculaires ressemblent réellement une fois qu’elles ont été soigneusement caractérisées.

 

Plus précisément, leurs travaux permettront aux cliniciens de savoir ce qui arrive aux personnes atteintes de TCV au fil du temps, les risques que la maladie empire et — peut-être, un jour — comment favoriser la santé du cerveau unique d’une personne.

 

Pour y arriver, l’équipe s’efforce de décrire les premiers stades du trouble cognitif découlant de la maladie vasculaire cérébrale, connu sous le nom de trouble cognitif léger vasculaire (TCLV). Les signes comprennent les problèmes de mémoire et de faibles résultats aux tests cognitifs. En travaillant directement avec les personnes touchées par la maladie — à l’aide d’imageries cérébrales et d’autres analyses — l’équipe du docteur Smith dévoilera des marqueurs subtils d’atrophie, la connectivité cérébrale et les schémas des fonctions associées à la maladie neuropsychologique.

 

« Actuellement, nous travaillons avec six laboratoires de sciences fondamentales de partout au Canada qui testent de nouveaux traitements pour le TCV chez des modèles animaux. Ce sous-groupe en recherche fondamentale est dirigé par la docteure JoAnne McLaurin, professeure de biologie médicale et de biopathologie à l’Université de Toronto. Notre objectif est d’entreprendre un essai clinique, auprès des patients atteints de TCV, qui commencera en 2017 », explique le docteur Smith.

Prochaines étapes

Favorable à la médecine de précision dans les soins aux personnes atteintes de démence, l’équipe no 7 ouvre la voie pour que les médecins puissent, un jour, comprendre ce qui se passe dans le cerveau de chaque personne et comment offrir des stratégies personnalisées de promotion de la santé du cerveau.

 

Pour reprendre les paroles du docteur Smith : « Au fur et à mesure que notre compréhension des différents types de démences et comment elles interagissent s’améliore, nous nous rapprochons de plus en plus d’un avenir comportant un diagnostic et une prise en charge globale. Vous savez, mieux comprendre les multiples facteurs qui peuvent contribuer à la dysfonction cérébrale et au risque de démence plus tard dans la vie, y compris la quantité de maladie vasculaire, les facteurs liés à la maladie d’Alzheimer et à la maladie à corps de Lewy, et la réserve et la résilience cognitives d’une personne pour tolérer certains types de changements cérébraux. J’espère que dans dix ans, nous serons en mesure de concocter des cocktails de traitements adaptés au patient pour cibler et répondre à chaque pathologie. »

 

Le docteur Eric Smith a récemment remporté le prix Killam des chefs de file émergents en recherche qui reconnaît les contributions exceptionnelles à la recherche d’un chercheur en début de carrière.